
| Ça fait quelques années que ma moitié, passionnée de chevaux, guette inlassablement la fameuse statue du Death Dealer de Randy Bowen. Et ce n’est pas l’acquisition de la Mini-Statue qui l’a fait renoncer. Alors quand l’offre d’une Full Size neuve en boîte a pointé le bout de son nez… |
1 – La peinture de Frank FrazettaDessinateur précoce, Frank Frazetta est inscrit dès l’âge de 8ans à la Brooklyn Academy of Fine Arts. Pendant les huit années qui suivent il s’épanouit et révèle le prodige qui est en lui.
En 1944, lorsque l’académie ferme ses portes, il s’oriente vers la bande dessinée. Ce n’est qu’en 1950 qu’il s’essaie à la peinture et réalise des covers de comics.
Après une période d’hésitation, pendant laquelle il cherche sa voie et multiplie les travaux divers, sa carrière artistique va décoller en 1964 avec la réalisation de peintures pour les couvertures de romans d’aventures comme Tarzan ou d’Héroïc Fantazy comme Conan…
Alors que la rumeur annonce qu’il est « as been », Frazetta réalise deux chefs- d’œuvres consécutifs entre 1972 et 1973 : Silver Warrior et Death Dealer. Effectivement, la peinture Death Dealer (Le pouvoyeur de mort) peut être considérée comme une de ses plus belles réussites tant sur la composition quasi monochromatique que sur les jeux d’ombres et de lumières.
Parmi les plus célèbres peintures de guerriers légendaires on retiendra Conan (The Barbarian, The Conqueror, The Cimerian The Destroyer ou Chained) qui fut adapté en films et Tigra (Fire & Ice) qui fut utilisé pour l’affiche du dessin animé.
En 1975, paraît son premier livre d’art baptisé The Fantastic Art of Frank Frazetta. L’année suivante, la World Fantasy Award lui décerne le prix du meilleur artiste.
Une décennie plus tard, Frazetta est revenu sur ce personnage emblématique. Il y consacra cinq nouvelles peintures en 1986 et 1990, baptisées respectivement Death Dealer II à VI.
En 1994, il expose ses œuvres dans une grande galerie de New York. Et l’année suivante, on lui décerne le prix « Grand Master of Fantastic Art »…
Pour les amateurs ou fans, je vous recommande une petite visite sur son site (même s’il est orienté business) :
http://frazettaartgallery.com/ 2 – Les dérivés
| Différentes adaptation papier vont voir le jour. Et le point communs de ces réalisations, se sont les couvertures qui reprennent les tableaux du maître.
A la fin des années 1980, Frank Frazetta cède à Tor Books l’exploitation de son Death Dealer. James R. Silke en écrit “Rise of the Death Dealer”, un roman en 4 tomes qui sera édité de 1988 à 1990.
Plus tard, lors que les œuvres de Frank Frazetta vont être exposées à New York et que son statut d’artiste est au firmament, le regain d’intérêt pour l’Héroïc Fantasy intéresse différents artistes de la bande dessinée. Le Death Dealer fera ainsi l’objet de 2 adaptations en Comic Book.Une première série baptisée « Death Dealer » sort chez Verotik en 1995 (Glenn Danzig & Simon Bisley).
Image Comics propose ensuite « Frank Frazetta’s Death Dealer » en 2007 (Joshua Ortega & Nat Jones). En 2009, cette seconde mini-série fait l’objet d’une parution en Hard Cover baptisée « Shadows of Mirahan » ($50 à $275 suivant tirage), qui est enfin traduit en français (Les ombres de Mirahan) chez Milady Graphics (15€). |
Petit comparo des Death Dealer de Simon Bisley et Nat Jones
Par hommage ou par détournement, le Death Dealer et son destrier ont fait l’objet de nombreuse reprises. Voici quelques exemples assez représentatifs.
De gauche à droite le premier album de Molly Hatchet (et y’en aura d’autres), la version numérique de Drakefenwink avec Daemonica, et humoristique de Konkvmax.
De gauche à droite la version de Claudio Castellini, la peinture d’Andy Park et le crayonné de Pat David.
Enfin, merchandising oblige, les produits dérivés officiels « Death Dealer » se portent, se fument ou s’affichent…
Pour les amateurs ou fans, je vous recommande une petite visite sur le site de cet antique groupe de hard rock entièrement dédié à Frazetta pour la zique ou les animations :
http://www.mollyhatchet.com/ 3 – La sculpture de Randy Bowen Bien avant Verotik, Frank Frazetta croise la route d’un jeune sculpteur doué : Randy Bowen. De cette collaboration, une sculpture en bronze du Death Dealer et son destrier va voir le jour en 1994, sous la tutelle de Dark Horse Comics. Ce sera la première adaptation 3D du guerrier et son destrier.
Photos de Rickesan
Date de sortie : Janvier 2005
Dimensions (LxlxH): 14’x9’x14’, soit 36x23x36cm
Tirage : 50ex
Prix à sa sortie : $3995
Côte actuelle : Pas loin du double, si on en trouve un
Sculpture de grande qualité, matière noble, paint-job subtil, sous socle marbre et tirage très limité, font de cette réalisation un « must have » idéalisé hors de portée de pas mal de bourse.
Quelques remarques cependant. Comparé au dessin original, je regrette la finesse du torce du cavalier qui n’est pas assez orienté sur le côté gauche et l’absence de coloration des pupilles du destrier qui gomme toute expression.
Ces 50 exemplaires s’étant arrachés comme des petits pains, Randy Bowen et Dark Horse décident quelques années plus tard, sous la pression des fans inconsolables, de lancer la production résine d’un run plus conséquent. Randy conçoit ainsi une statue incorporant quelques différences au niveau du socle, avec un sous socle bois.
Vue générale : Le cavalier : Le destrier : Le socle : Date de sortie : Décembre 1997
Dimensions (LxlxH): 14’x9’x14’, soit 36x23x36cm
Tirage : 5000ex
Prix à sa sortie : $250
Côte actuelle : Plus du double, mais beaucoup plus de chance d’en croiser une
Parce que la résine s’y prête plus, Randy a affiné la gravure et les détails, notamment sur le socle où le design des crânes est plus réaliste. Côté déceptions un paint-job minimaliste, un baudrier approximatif et des traces de colle sous les sabots sont indignes d’une telle réalisation. En final, un sujet idéal pour quelques améliorations et s’éclater en peinture. La preuve en image :
La version de Here Be Monster
Celle d’Elia Cid
Et celle d’Harkon 72
La suite, juste après...